Compte rendu: Meeting politique à l’occasion des élections européennes
S’il y a une chose à dire en ce qui concerne le rapport de la Belgique avec ces fameuses élections européennes, celles qui arrivent tout les cinq ans avec leur petite sœur régionale, c’est qu’il est difficile de s’en faire une idée. En effet, est-ce le nombre peu élevé, soit vingt-deux, de postes de parlementaires belges à l’Europe qui sont à pourvoir qui découragent les partis? Toujours est t-il, que ceux ci semblent miser d’avantage sur la sécurité, en mettant tout leurs œufs dans le panier régional.
Si d’aventure, un belge alpha décidait de s’investir politiquement parlant dans la vie de son pays, ne fusse que par une prise de renseignements concernant, par exemple, les candidats aux européennes, il serait probablement dépité. Imaginons encore que ce belge, curieux d’en savoir plus sur un parti de son choix, par exemple Ecolo, décide de partir à la rencontre des représentants et candidats.
Mais voila, si tout les chemins mènent à Rome, il est un peu plus difficile de pénétrer les verts pâturages de nos amis écologistes.
Pour ce qui est des préposés aux Européennes, il faut se montrer persévérant pour même connaître leurs noms, cela par le biais d’un site Internet officiel. On pourrait se poser des questions sur la signification de cet obscur parcours du militant, mais au final, une seule chose semble claire, Ecolo ne vise pas l’Europe, d’ailleurs c’est simple, ils le disent eux même d’emblée, «Nous allions campagne régionale et campagne pour l’Europe» …
Cela laisse perplexe, ce ne sont pas les mêmes institutions ni les mêmes pouvoirs en jeu, pourquoi donc en parler de pair?
Cela est donc proche de l’inutile, et c’est bien malheureux pour ce pauvre bougre de belge alpha désireux de tout savoir sur la politique de son pays et, visons haut, celle de l’Union Européenne.
Il est à mettre en évidence le paradoxe qui existe alors au sein des partis, celui qui semble clamer haut «Chers citoyens, chers européens, votez pour nous» et s’empresser d’ajouter dans un murmure angoissé «Mais surtout ne nous demandez pas ce que nous faisons».
Mais soit, cela étant pour marquer une désapprobation étonnée vis-à-vis de la culture politique, et de ces partis qui paraissent quelquefois plus caricaturaux qu’ils ne le voudraient bien.
Petite précision, Ecolo n’était qu’un exemple, d’ailleurs disons le bien fort «
In Isabelle Durant, we trust!».
Pour en revenir au Meeting politique en lui-même, il a fallu s’en remettre à des professionnels du domaine, le parti socialiste, qui jamais avare de ses bons propos, nous a fait l’honneur de venir évangéliser la belle ville de Namur ce week-end du premier mai.
L’événement s’appelle le «Week-end européen d’action», et ici, en début d’après midi, les candidats socialistes aux élections européennes vont nous parler de leur programme, en abordant plus spécialement les thèmes de la citoyenneté et de la diversité.
Le tout dans une ambiance certes conviviale.
Etaient présents entre autre Jean-Claude Marcourt, premier effectif aux européennes, ainsi que Véronique De Keyser.
Très rapidement, cependant le débat se tourne vers la crise financière, ce qui permet à un suppléant à l’Europe d’affirmer son envie d’une Europe plus juste, moins axée sur les finances qui selon lui, ont pris trop de place dans la vie de tout les jours et cela, au détriment de bonnes relations entre pays.
Les candidats, on ne peut le nier présentent un profil sympathique, celui du belge moyen, voulant faire changer les choses, et répondant à des valeurs profondes, celles de la famille, du bon temps avec ses amis, de l’honnêteté et de l’amitié.
Valeurs, voila bien un mot que la politique s’est approprié, c’est à qui le ressort, à gauche à droite, invitant les militants à applaudir certaines tirades sur des sujets plus sensibles. On entend également beaucoup les mots solidarité et partage, ainsi que de nombreuses références au passé familial des discoureurs, ce même passé les ayant aidé à se forger des valeurs, et finalement, les ayant mené là où ils sont aujourd’hui. Ils sont belges, ils sont beaux ils sont humbles, les socialistes, sont les nouveaux saints.
En ce jour de belle amitié socialiste, il ne manque plus que les violons, ou plutôt, étant à Namur, les chœurs de Saint-Loup, venant chanter un Li Bia Bouquet revu et corrigé à la sauce européenne, quoique les fleurs ne seraient-elles pas déjà présentes, dans des phrases comme celle-ci: «Je crois à l’Europe, je crois à tout ces pays qui s’unissent ensemble, mais je crois surtout à un monde meilleur, et l’Europe peut y apporter beaucoup».
En conclusion, on ne peut prétendre à la nouveauté, comme on ne peut prétendre à une hypocrisie de la part des futurs parlementaires, après tout, ils ne sont pas mauvais, même si une question se répète finalement, que restera t-il de toutes ces bonnes intentions une fois noyées sous le flot européen?
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