mercredi 20 janvier 2016

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Compte rendu: Meeting à l’occasion des élections régionales

Mesdames et Messieurs! Venez! Venez! Approchez! N’ayez pas peur, par ici je vous prie! Venez donc tendre l’oreille aux belles histoires de nos bonimenteurs, ils sont forts et hardis, et leurs langues sont agiles! Écoutez leurs paroles, rêvez de leurs promesses. Et si peut-être l’histoire vous a un brin ému, soyez donc généreux et récompensez-les pas votre vote aux urnes le sept juin, si fait!

Les élections, on commence vraiment à en entendre parler. Tout les cinq ans, refleurissent avec le printemps et ses petites fleurs, des affiches pas vraiment belles, des visages inconnus que l’on croise sans trop y faire attention. C’est simple, à part les imprimeurs, qui doivent se frotter les mains, et la famille, qui trouve ça rigolo de mettre la tête de tonton dans la vitrine de la boucherie familiale, personne n’y prête attention.
Pour qui voterons nous? Voila probablement une question que nous ne nous poserons sérieusement pour la première fois que ce fameux dimanche sept juin, derrière notre petit isoloir en paravent Ikea. Et c’est probablement grandement dommage. Parce que, si on s’y intéressait avant, on comprendrait beaucoup de choses qui nous éviteraient de colorier au hasard des petits ronds.
C’est vrai, il arrive un âge où il faut s’éduquer! Et autre côté non négligeable, c’est très utile dans les cocktail parties.
Mais, cela dit, l’éducation, ça se mérite. Il est donc utile d’adopter la devise de Lagardère, et de se dire que si l’éducation ne vient pas à nous, c’est nous qui irons à elle.

C’est de ce pas plein d’entrain et de ferveur politique que nous nous retrouvons dans la région de Namur.
Nous sommes le 30 avril, il est 18 heures, dans la Maison du Parti Socialiste d’Andenne, le meeting ne va pas tarder à commencer.
La présence des candidats pour la région de Namur, est évidemment de mise, et cela va sans dire qu’une petite agitation règne dans la salle, pressée de s’enflammer aux discours poignants de Jean-Charles Luperto, premier effectif, d’Eliane Tillieux et consorts…
Car c’est certain, ils seront tous là pour fêter le premier mai avec un peu d’avance, d’ailleurs on se demande qui a bien pu dire que les namurois étaient lents?
Dans la salle, c’est la folie, littéralement. De grands habitués de ce genre de manifestations conversent avec les membres du staff socialo, pour eux, c’est un peu leur deuxième noël, ils ont l’œil émerveillé des petits enfants qui attendent le père noël (qui est d’ailleurs généralement de rouge vêtu, socialiste Santa Clause?).
Quoi qu’il en soit, nous attendons nos douze candidats avec impatience, et lorsqu’ils arrivent, c’est sous les applaudissements de partisans déjà conquis.

Les voila donc enfin! Si l’envie de les toucher se faisait sentir, ce serait tout à fait possible, c’est ce qui est si formidable avec les idoles de proximité. Ils se tiennent devant nous, affichant un air humble de bon politicien au repos. Les paupières semi clauses, les mains reposées, comme pour recevoir la communion.
Presque une fresque apostolique, qui s’offre à nous, les douze apôtres vont prêcher la bonne parole.
Monsieur Luperto ouvre le bal. Il se présente tout d’abord, en tant qu’actuel bourgmestre de Sambreville et introduit également ses collègues, applaudis chaleureusement.
Ensuite, il revient sur lui, et rappelle dans un discours somme toute assez sobre, ses combats de cœur pour la formation à l’emploi, et l’économie, ainsi que son envie d’égalité et de valeur sociale. Ensuite, il s’épanche sur sa fierté à représenter pour la première fois tout l’arrondissement de Namur, et regrette que cela ait à se faire dans des circonstances économiques aussi négatives, mais, il rassure vite la salle, cela ne lui fait pas peur!
Un grand ouf de soulagement se fait évidement entendre, qu’auraient fait les namurois d’un représentant se disant terrifié par la situation actuelle, non. Pas Monsieur Luperto! C’est un homme fort, qui va bouter la crise hors de son chemin!
Une petite parenthèse me vient à l’esprit, me demandant ce que ferait naître dans l’imaginaire de l’électorat un discours où un politicien s’avouerait justement, tétanisé par l’état actuel de l’économie. Car, soyons sérieux, les belles paroles de courage et de lutte, ça rend bien devant les caméras, mais un mal pareil ne se soigne pas aussi facilement.
Politicien menteur, menteur? Non, juste gardien d’un troupeau qui ne doit pas voir la vérité en face.
Pour en revenir au discours, il est à présent question des intempéries qu’a subi le parti socialiste ces derniers temps, monsieur Luperto le regrette, remarquant au passage qu’ils ne sont pas toujours les mieux compris, et souligne également le fait que certains partis n’ont pas hésité à sortir l’artillerie lourde envers eux, ce qui le rend d’autant plus fier de voir qu’aujourd’hui, ils sont encore là, et donc que le socialisme n’est pas chose facile à abattre.
Ensuite, l’axe principal de la campagne est abordé, il s’agit de l’accès au logement pour tous. A cette occasion, un joli petit spot est diffusé, on y voit monsieur Lupperto en bord de Meuse, expliquant que si les enfants dessinent dès leur plus jeune âge une maison, ce n’est pas pour rien. C’est parce que c’est IM POR TANT.
Quel sens de la métaphore gagnant! Avec des images aussi belles, le parti socialiste enchante notre quotidien de jolies maisonnettes de pain d’épices qui vont pousser comme des champignons en bord de Sambre et Meuse.

Au final, un meeting sympathique, fait de candidats centrés sur une belle et même philosophie, celle de l’égalité. Je quitte la salle en pensant à toutes ces mères, qui dès le lendemain, devant la maison bancale que vient de dessiner leur petit bambin, s’exclameront, des trémolos plein la voix «Mon fils, tu seras socialiste plus tard!»

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